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Entretien avec un réalisateur

Théo Angelopoulos

Entretien avec le réalisateur grec Theo Angelopoulos, réalisé à Athènes par Arthur Kopel et Karen Lavot-Bouscarle, le 6 novembre 2008.

[ extrait ]

Arthur Kopel — Pourriez-vous expliquer la différence des notions du temps qui apparaît à l’intérieur de vos films ? Souvent, des gens deviennent totalement immobiles pendant que l’action se déroule, comme si au sein d’un temps commun, le temps s’arrêtait pour les uns, continuait pour les autres, et repartait de manière un peu différente pour chacun.

Théo Angelopoulos — Peut-être que si j’ai apporté quelque chose au cinéma, c’est ça : une problématique du temps, du temps comme temps cinématographique, mais du temps en général aussi. La notion du temps : passé, présent et futur, pour moi, n’existe pas. De ce point de vue, je suis un peu asiatique. (…) Je ne crois pas qu’on puisse donner d’autres définitions du temps. J’ai toujours eu l’impression que le temps était entouré d’un passé, et qu’au fond de cette sensation du temps, il y avait aussi un côté futur, juste une respiration. J’ai toujours eu une très bonne relation avec le Japon et les Japonais, et des cinéastes comme Aki Kurosawa ou Nagisa Ōshima. Un jour avec Nagisa, nous sommes allés dans la maison d’un ami commun, dont la femme, notre amie aussi, était morte un an avant. On s’est assis pour manger, et j’ai vu qu’il a prit le plat et s’est levé pour le donner à la photographie de cette femme, comme si c’était elle qui devait manger en premier.

Karen Lavot-Bouscarle — Ils ont effectivement cette tradition d’offrir les présents qu’ils ont reçus aux ancêtres avant de les recevoir pour eux.

T. A. — Oui, Nagisa avait apporté son nouveau scénario et il l’a laissé à la photographie de cette femme pour qu’elle soit la première à le lire. Donc pour eux, la femme était présente. (…)

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