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Entretien avec deux plasticiens

Loriot & Mélia

Entretien avec François Loriot & Chantal Mélia, réalisé dans leur atelier le 16 février 2011, par Karen Lavot-Bouscarle et Arthur Kopel.

[ extrait ]

Karen Lavot-Bouscarle — Certaines mises en scène rappellent les anciens spectacles optiques du XIXe, le monde de Georges Méliès ou encore les dispositifs pré-cinématographiques dans Le Paradoxe du menteur ou Ready-made in China. D’autres comme La Salle des batailles, sont fabriquées avec des jouets. On se retrouve avec l’émerveillement de l’enfant devant vos dispositifs, on cherche l’origine de telle ou telle forme. Si le discours n’est pas que ludique, car il cache souvent autre chose, pouvez-vous tout de même nous parler de cette part de l’enfance qui surgit de chacune de vos œuvres ?

Chantal Mélia — Quand on voit un enfant plongé dans son monde, il ne faut pas le déranger, il est ailleurs. C’est sans doute ce passage à l’imaginaire qui nous interroge. Je me souviens d’une remarque et d’un geste de François, un jour où l’on sortait du jardin. Il avait une feuille scarifiée collée sous sa chaussure, il l’a décollée et l’a placée dans un rayon de soleil, puis il m’a dit : « Regarde, je transportais un arbre sous ma chaussure ». Cela a donné l’œuvre Délices de péniche. Je crois que c’est une attitude, un type de fonctionnement. (…)

François Loriot — « L’art doit donner envie d’être heureux » disait à une époque Martial Raysse. Je souscris. Je suis persuadé que c’est la part d’enfance, qu’on a gardé dans notre musette ou au fond de notre poche qui nous aide à vivre. Quelque soit le régime politique, on ne parviendra jamais à nous l’arracher. Il faut garder précieusement cette part de l’enfance, c’est le trésor de chacun ; l’accumulation de petits secrets qu’il faut sauvegarder coûte que coûte. Il y a un très beau film de l’école de Tarkovski (…)

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